Toulouse : démission sur la liste des Européennes de Jean-Luc Mélenchon

C’est le deuxième départ en moins de deux mois. Une jeune toulousaine se retire de la liste de Jean-Luc Mélenchon pour les élections européennes.

 

En juillet dernier, un proche de Jean-Luc Mélenchon a claqué la porte. Le conseil régional d’Occitanie, Liêm Hoang Ngoc conteste la composition de la liste de Jean-Luc Mélenchon pour les prochaines Européennes. L’économiste de la France Insoumise s’est retiré du casting. Une jeune toulousaine, Ninon Gillet, fait de même. La composition n’est pas arrêtée. Cet automne, un comité électoral doit désigner la tête de liste et se prononcer sur 13 candidatures d’ouverture. Pourtant les listes « hommes » et « femmes » ont été adoptées par les adhérents de la France Insoumise…

Une jeune toulousaine figure en 26ème position dans ces désignations. C’est une première investiture pour Ninon Gillet. Mais l’expérience s’arrête avant d’avoir débuter. Voici sa lettre ouverte :

Lettre ouverte aux membres de la direction de la France Insoumise pour un débat sur la stratégie référendaire des Européennes et la gouvernance démocratique du Mouvement

 

Je suis Ninon GILLET, placée à la 26ème femme des candidates sur la liste provisoire la France Insoumise pour les élections européennes de mai 2019.

Ecologiste et féministe, j’ai rejoint la France Insoumise à l’été 2016 puis le groupe d’action de Colombes en novembre de la même année. En juin 2017, je retourne dans ma ville natale en Haute Garonne où je me rattache au groupe d’action de Léguevin et le groupe thématique des Féministes insoumis.es de Toulouse. Lors de l’ouverture des candidatures aux élections européennes, je propose la mienne et suis retenue à l’issue du processus de désignation.

Mal à l’aise lors de la polémique qui émerge lors du vote de la liste qui sera finalement validée par les Insoumis.es. J’ai dû mal pour répondre à cette polémique et je commence à me poser des questions.

Le départ de Liêm Hoang Ngoc solde l’absence d’économistes dans la bataille pour les Européennes. D’autres personnes importantes pour le programme ne figurent pas en position éligible (Djordje Kuzmanovic, par exemple) et d’autres personnes que l’on ne connaissait pas font apparition sans accord ni recherche d’accord de la part des Insoumis.es. Un certain flou règne quant aux personnes qui oriente à la tête du mouvement. On tend à s’éloigner du mouvement vanté lors de la Présidentielle 2017 par Jean Luc Mélenchon et son équipe.

Loin de moi l’envie de remettre en question les idées et le programme. Mais l’opacité qui s’installe à la tête du mouvement et le défaut qualitatif de la gouvernance démocratique au sein de celui-ci me font sortir de mon silence.

Je ne m’inscris pas dans la stratégie mise en place lors des Amfis de Marseille de faire de cette élection une stratégie d’opposition nationale. Face aux rassemblements des droites partout en Europe (Italie, Suède, Allemagne, Hongrie, Pologne, Croatie, Autriche…) et la stratégie de la République En Marche de s’imposer comme seule barrière à cette monté de la Réaction libérale-conservatrice en Europe, notre stratégie n’est pas à la hauteur de l’exigence.

Nous devons mettre en avant notre programme. Nous devons proposer autre chose pour l’Europe. De plus en plus, le plan B ne fait plus partie du tableau. En tant que candidate aujourd’hui je me demande quel est notre programme et si pendant toute la campagne présidentielle je n’ai pas comme beaucoup d’autre menti aux électeurs.rices sur notre stratégie européenne.

Tant qu’un espace de débat ne sera pas installé au sein du mouvement de la France insoumise et tant que notre stratégie se résumera en une opposition à Macron, je ne pourrais être candidate et représenter sincèrement les insoumis.es dans cette élection.

C’est pourquoi aujourd’hui, j’annonce que je quitte la liste La France Insoumise pour les Européennes et j’invite toutes les personnes partageant mes doutes à nous rejoindre dans cette exigence de débat.

Je finirai par cette citation du cardinal de Retz adaptée au contexte : « On ne sort de l’ambiguïté qu’à ses dépens » et plus l’ambiguïté grandit et dure, plus la sortie est problématique.

 

Le 3 septembre 2018

 

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