Dimanche fatal

Il faut  l’admettre : il n’y a plus de Plan B. Enterré, oublié, jeté dans le vieux port…

 

Et ce dimanche lui fût fatal : Manuel Bompard, d’abord,  le pulvérise en direct sur C news: «  nous avons un plan A, qui prévoit de désobéir aux traités». Et puis…? Et puis c’est tout. Du plan B pas un mot. Adrien Quattennens ensuite, dans un billet lui assène le coup de grâce : « Ce matin sur France Inter, Benoît Hamon cherche par tous les moyens à se distinguer de Jean-Luc Mélenchon en allant jusqu’à dire qu’il ne peut être question de « quitter l’Europe ». Mais qui propose une pareille absurdité ? Certainement pas nous ! Nous voulons sortir des TRAITÉS antidémocratiques, antisociaux et anti-écologiques. N’est-ce pas suffisamment clair ? »

Bref, RIP plan B, c’est désormais officiel.

Le gros problème, c‘est que Jean Luc Mélenchon, dans une émission de radio avait déclaré au mois de juillet dernier, tout en prononçant le « bannissement » de ceux qui les premiers, les Socialistes Insoumis,  avaient osé révéler ce changement de ligne : «  renoncer au plan B, oui quelqu’un a dit ça, oui. C’est une absurdité. Si je renonce au plan B, je renonce à tout ! »

Eh bien nous y sommes : Mélenchon a renoncé à tout, en tous cas à l’avenir en commun, inapplicable sans sortir des traités existants, sortie que le seul plan A ne permettra pas sans la menace crédible et dissuasive d’une sortie unilatérale de la France, donc de  l’UE, ce qu’on appelait le plan B.

Jean Luc Mélenchon lui-même l’expliquait en ces termes à Rome au mois de mars 2017 : « « S’il n’y a pas de plan B, le plan A ne fonctionne pas » avant d’expliquer « Ce qui me distingue d’autres courants de gauche, c’est que, pour moi, la nation est un levier de la bataille européenne » Un an plus tôt, le même Mélenchon lançait sa petite phrase restée célèbre : «  L’Europe, on la change ou on la quitte ».

Y a-t-il  jamais cru, ne serait-ce qu’une seconde ?

Olivier Spinelli

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *